Contrat de management : le pourcentage ne dit pas tout

Lorsqu’un artiste négocie avec un manager, la discussion se concentre souvent sur un chiffre : le taux de commission. Pourtant, un pourcentage ne signifie rien tant que son assiette n’est pas définie.
La commission porte-t-elle sur l’ensemble des revenus de l’artiste ou seulement sur les activités accompagnées par le manager ? Est-elle calculée avant ou après déduction de certaines dépenses ? Concerne-t-elle les concerts, le streaming, les droits d’auteur, les partenariats de marque, le merchandising ou les activités développées avant la collaboration ?
Deux contrats affichant le même taux peuvent ainsi produire des résultats très différents.
Les missions doivent également être précisées. Développer une stratégie, rechercher des partenaires, coordonner une équipe et négocier des opportunités ne représentent pas le même périmètre qu’une simple mission de conseil.
Le contrat doit ensuite encadrer le pouvoir du manager. Peut-il engager des dépenses, négocier au nom de l’artiste ou signer certains documents ? L’artiste conserve-t-il la validation finale ?
Enfin, il faut lire les clauses de sortie. Certains accords prévoient une commission après la fin de la relation sur les contrats négociés pendant celle-ci. Cette rémunération peut être cohérente, mais sa durée, son périmètre et sa diminution progressive doivent être compréhensibles.
Le Centre national de la musique (Référence France) présente d’ailleurs le mandat de représentation, la définition des missions et l’assiette des revenus comme des éléments centraux du cadre juridique du management artistique.
Un bon contrat de management ne définit donc pas uniquement combien le manager gagne. Il précise ce qu’il apporte, ce qu’il peut décider, sur quels revenus il est rémunéré et comment la collaboration peut prendre fin.